La biosurveillance : un concept ancien en perpétuelle évolution

La biosurveillance de la qualité de l'air est utilisée depuis très longtemps. Cependant, l'évolution des techniques et de la diversité des substances polluantes présentes dans l'air la condamnent à une évolution permanente

 La biosurveillance consiste à mettre en évidence une altération de l'environnement (une pollution, par exemple) à travers ses impacts sur le fonctionnement des organismes qui y vivent.

   Une définition de la biosurveillance a été proposée par J.P Garrec et C. Van Haluwyn (2002):

" (la biosurveillance est) l'utilisation des réponses à tous les niveaux d'organisation biologique (moléculaire, biochimique, cellulaire, physiologique, tissulaire, morphologique, écologique) d'un organisme ou d'un ensemble d'organismes pour prévoir et/ou révéler une altération de l'environnement et pour en suivre l'évolution ".

  Le tableau suivant résume les différentes approches possibles  :

type d'approche bioindication biointégration bioaccumulation
Approche passive (utilisation des végétaux présents) Identification d'une ou plusieurs espèces sensibles à un polluant et bien représentées sur le territoire étudié (Noisetier et Ozone, par exemple). Cartographie des impacts. Suivi temporel possible mais difficile à interpréter Analyse de la présence/absence d'espèces réputées sensibles ou tolérantes à divers polluants. (exemple des lichens et du SO2). Cartographie possible, suivi temporel à long terme (de l'ordre de 5 à 10 ans) possible Identification d'une ou plusieurs espèces (arbres, lichens...) abondantes sur la zone d'étude et réparties de façon homogène. Analyse de la concentration en métaux ou autres éléments traces accumulés dans ces individus
Approche active (utilisation de biostations) Mise en place de plantes sensibles cultivées en pots en différents points du territoire. (tabac Bel W3 sensible à l'ozone, par exemple). Cartographie des impacts et suivi temporel (à l'échelle de la semaine) Transplantation d'espèces (lichens) d'un site de référence non pollué vers le site d'observation (utile en site très pollué, caractérisé par l'absence de lichens) Mise en place de plantes (ray-grass) bioaccumulatrices. Prélèvements réguliers dans des conditions contrôlées et analyse chimique de la teneur des tissus en éléments traces (métaux lourds, Arsenic...)